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Les bâtiments E et F-G-H de l’ENSG rebaptisés bâtiment Réné Houpert et bâtiment Jean-Paul Tisot, des noms de deux anciens directeurs de l’École.

Ce vendredi 1er décembre, à la suite du 1er conseil d’École renouvelé (après les élections du 21 novembre), les bâtiments E et F-G-H de l’ENSG ont respectivement été rebaptisés Bâtiment René Houpert et Bâtiment Jean-Paul Tisot, des noms de ces deux anciens directeurs et diplômés de l’École.

Mesdames Houpert et Tisot, accompagnées de leurs enfants, ont symboliquement dévoilé les plaques des bâtiments, devant les membres du conseil d’École, Jean-Marc Montel -directeur de l’ENSG- et les personnels de l’École présents.

 

René Houpert (1935-1991)

Texte de J.P. Tisot

Sans titreRené Houpert est né en 1935 à Léning (Moselle). Du fait de la guerre, il suit l’école primaire en langue allemande. Il découvre la langue française en 1945 à la Libération. Il était bilingue et biculturel. Des études classiques l’ont conduit au baccalauréat, puis en classes préparatoires. Entré à l’Ecole Nationale Supérieure de Géologie en 1956, il est diplômé en 1959. Il rejoint alors à Grenoble pour compléter sa formation en mécanique des solides et soutient une thèse de 3ème cycle dans ce domaine en 1962. Armé de cette double compétence en géologie et mécanique, il revient à Nancy à la demande de Marcel Roubault alors directeur de l’ENSG, pour mettre en place une nouvelle orientation dans l’École. En effet, Marcel Roubault, très marqué par les catastrophes de Malpasset et du Vaïont, avait jugé que les grands ouvrages de génie civil souffraient d’un déficit de prise en compte des aspects géologiques couplés aux approches mécaniques.

A son retour à Nancy, il participe activement en tant qu’ingénieur de recherche à l’action concertée DGRST « Mécanique des Roches » qui permet la mise en place de cette nouvelle discipline en France. En octobre 1965, René Houpert est nommé Maître Assistant et prend en charge la Section Spéciale de Géotechnique et de Géologie Appliquée au Génie Civil de l’Ecole. Peu à peu, il construit au sein de l’École les enseignements de mécanique des milieux continus, de mécanique des roches et de mécanique des sols.

Dans le même temps, il crée un laboratoire de géomécanique (le LAEGO) aujourd’hui intégrés aux laboratoires GeoRessources et LEMTA de l’université de Lorrraine. Il oriente sa recherche vers la mécanique des roches en soutenant, en 1973, son doctorat d’Etat. Il participe à une innovation mondiale par la mise en œuvre des machines d’essais asservies permettant l’étude du comportement post-rupture des roches. Il est également précurseur dans la prise en compte de la viscosité pour le comportement des roches.

Nommé Professeur en 1975, il est membre du conseil du Comité Français de Mécanique des Roches durant 15 ans et participe activement au développement de cette discipline. À ce titre, il est conférencier invité au 4ème Congrès International de Mécanique des Roches à Montreux.

Parallèlement, il s’implique dans la vie universitaire, aussi bien au sein de l’Institut National Polytechnique de Lorraine que de l’Ecole de Géologie. Il est élu dans les conseils d’administration de ces deux institutions et également au Conseil Scientifique de l’INPL.
Il est vice-président de l’INPL de 1980 à 1983, puis de 1985 à 1988, vice-président du Conseil scientifique de l’établissement.
Au niveau national, il est nommé, en 1983, au Conseil Supérieur des Universités pour la 25ème Section, puis élu par ses pairs dans le CNU mis en place en 1987. Ses qualités personnelles et sa pondération sont alors appréciées par l’ensemble de la communauté du génie civil française. En 1985, il est nommé consultant « Génie Civil » à la mission scientifique de la Direction de la Recherche, puis en 1989 chargé de mission « Génie Civil » à la direction scientifique « Sciences pour l’Ingénieur » de la DRED.

En 1986, il devient administrateur provisoire de l’ENSG, puis directeur en 1987. Il consacre, avec cœur, une grande partie de son énergie à cette nouvelle tâche en redynamisant l’École, en préparant sa reconstruction et en augmentant son nombre de diplômés.

Il perd la vie brutalement dans un accident de la route le 26 août 1991.

 

Jean-Paul Tisot (1943-2014)

Texte de F. Masrouri

1Jean-Paul Tisot a effectué toute sa carrière universitaire à l’École Nationale Supérieure de Géologie. Diplômé de l’ENSG en 1966 et spécialiste en géotechnique, il a préparé successivement un doctorat de 3ème cycle en 1974, puis une thèse d’état en 1984 dans le domaine de la mécanique des sols et des roches. Après avoir occupé les fonctions d’Assistant et de Maître-assistant, il est nommé Professeur en 1988 à l’ENSG.

Sa fonction d’enseignant s’est enracinée sur l’objectif de mettre en place une pédagogie adaptée aux étudiants auxquels il s’adressait, avec le souci de les accompagner et de faciliter leur insertion vers l’emploi. Sur le plan de la recherche, le Laboratoire de Géomécanique de l’ENSG s’est orienté dès le départ vers l’étude du comportement hydromécanique des sols fins argileux saturés, puis élargi aux matériaux non saturés et au couplage multiphysique (THCM). Là encore, Jean-Paul a apporté ses compétences scientifiques et techniques et son expertise d’ingénieur géotechnicien aux travaux de ses collègues et des jeunes doctorants. Ses conseils éclairés et avisés ont permis de mener les travaux de l’équipe vers les domaines modernes et actuels.

A côté de ses activités scientifiques, il a exercé de nombreuses responsabilités sur le plan de l’animation et de l’administration universitaire. Il assuré la direction des études de l’École de 1985 à 1991, en a été nommé administrateur provisoire en 1991, puis Directeur de 1995 à 2005. De 1992 à 1996, il a assumé la responsabilité de Vice-président du CEVU de l’INPL et de Directeur des Relations Internationales de l’Institut. Au cours des dix années consacrées à la direction de l’ENSG (1995–2005), Jean-Paul en a considérablement développé le rayonnement et contribué de manière déterminante à la reconstruction et à l’installation de cet établissement dans les nouveaux locaux du site de Brabois. Il a ensuite été pendant deux ans Directeur du CIES de Lorraine (2006-08), puis a repris une année la fonction d’administrateur provisoire de l’École de Géologie de 2007 à 2008.

Au cours de sa carrière, Jean-Paul TISOT a exercé de nombreuses autres responsabilités sur le plan national, en particulier : Vice-président de l’Association Universitaire de Génie Civil, Président du Comité Français de Géologie de l’Ingénieur (CFGI), membre du Conseil Scientifique du LCPC,  Rédacteur en Chef adjoint de la Revue Française de Géotechnique (RFG) et Vice-président de l’ACPST Bure-Saudron. Depuis 2006, il assumait la charge de Président de l’Union Française des Géologues. Il a été expert auprès de la Commission des Titres d’Ingénieur depuis le 1er novembre 2009. Il a obtenu la distinction de Commandeur dans l’ordre des palmes académiques et le Prix Georges MILLOT de la Société Géologique de France.Il a été à l’initiative de la mise en place des Journées Nationales de Géotechnique et de Géologie de l’Ingénieur (JNGG), dont la première édition a eu lieu à Nancy en 2002.

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